Affaires de la Cour africaine

Article 13

Du développement de l’enseignement et des compétences

1. Tous les jeunes ont le droit à une éducation de bonne qualité. 2. La valeur des diverses formes d’enseignement comprenant l’éducation formelle, non-formelle, informelle, l’enseignement à distance et la formation tout au long de la vie pour répondre aux besoins des jeunes doit être prise en compte. 3. L’éducation des jeunes veillera à : a) Promouvoir et à développer les capacités cognitives, créatrices et émotionnelles des jeunes dans leur intégralité ; b) Susciter le respect des droits de l’homme et les libertés fondamentales énoncées dans les diverses dispositions de la Charte africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, déclarations et conventions internationales des droits de l’homme et des peuples ; c) Préparer les jeunes à une vie responsable dans des sociétés libres qui milite pour la paix, l’entente, la tolérance, le dialogue, le respect mutuel et l’amitié entre les Nations et à travers tous les groupements de peuples ; d) Sauvegarder et promouvoir les valeurs morales positives, les valeurs et les cultures traditionnelles africaines ainsi que l’identité et la fierté nationale et africaine ; e) Promouvoir le respect de l’environnement et des ressources naturelles ; f) Développer les aptitudes à la vie permettant de se comporter et d’agir efficacement dans la société comprenant des domaines tels que le VIH/SIDA, la santé de la reproduction, la prévention de la consommation de substances toxiques et des pratiques culturelles dangereuses pour la santé des jeunes filles et jeunes femmes, et qui doivent faire partie des programmes éducatifs ; 4. Les États parties à la présente Charte prennent les mesures appropriées en vue de la réalisation intégrale de ce droits et s’engagent notamment à : a) Mettre en place une éducation de base gratuite et obligatoire et prendre des mesures visant à réduire au minimum les frais indirects de scolarité ; b) Veiller, par tous les moyens possibles, à ce que toutes les formes d’enseignement secondaire soient disponibles et accessibles, voire progressivement gratuites ; c) Prendre des mesures visant à encourager la scolarisation et à réduire les taux de déperdition scolaires ; d) Améliorer la participation à la formation aux sciences et la technologie ainsi que la qualité de cette formation ; e) Redynamiser la formation professionnelle génératrice d’emplois dans le présent et dans l’avenir, et élargir l’accès à cette formation à travers la création de centres de formation dans les zones rurales et reculées ; f) Rendre l’enseignement supérieur accessible à tous, prévoyant dans cette optique la création de centres d’excellence d’enseignement à distance ; g) Mettre en place divers points d’accès à la formation et au développement des compétences, y compris les opportunités existantes en dehors des structures de formation classiques, par exemple : les lieux de travail, l’enseignement à distance, l’alphabétisation des adultes et les programmes de service national pour les jeunes ; h) Veiller, lorsque nécessaire, à ce que les filles et les jeunes femmes qui tombent enceintes ou se marient avant l’achèvement de leurs études puissent avoir l’opportunité de continuer leur formation ; i) Mobiliser les ressources pour l’amélioration de la qualité de l’enseignement dispensé et s’assurer qu’il répond bien aux besoins de la société contemporaine et favorise la pensée critique plutôt qu’un bourrage d’esprit ; j) Adopter une pédagogie qui tire avantage des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication et familiarise les jeunes à l’utilisation de ces Nouvelles Technologies pour mieux les préparer au monde du travail ; k) Encourager la participation des jeunes aux travaux communautaires comme faisant partie intégrante de l’éducation qui favorise le sens du devoir civique ; l) Instituer des programmes d’octroi de bourses d’études pour encourager l’inscription à l’enseignement post-primaire et supérieur avec une attention particulière en faveur des jeunes issus des communautés défavorisées, et spécialement les jeunes filles ; m) Instituer et promouvoir la participation de tous les jeunes femmes et tous les jeunes hommes aux activités sportives, culturelles et de loisirs comme faisant partie du développement intégral ; n) Promouvoir une éducation culturellement appropriée, et qui tient compte d’une sexualité conforme à la tranche d’âge ainsi qu’une parenté responsable ; o) Promouvoir l’équivalence des diplômes entre les établissements d’enseignement africains afin de permettre aux jeunes d’étudier et de travailler dans les États parties ; p) Adopter un processus de recrutement préférentiel au sein des États parties en faveur des jeunes africains possédant des spécialités conformément aux règles en vigueur ; 5. Les jeunes sont déterminés à transformer les continents dans les domaines de la science et de la technologie. Ainsi, ils s’engagent à : a) Promouvoir et mettre en pratique la science et la technologie en Afrique ; b) Conduire des recherches en science et technologie. 6. Les États doivent inciter les jeunes à conduire des recherches. A cet effet, une journée africaine des découvertes doit être mise en place avec l’institutionnalisation des prix au niveau continental. 7. Les entreprises implantées sur le sol africain doivent nouer des partenariats avec les structures de formation afin de contribuer au transfert de technologie qui devrait profiter aux jeunes étudiants et chercheurs africains.
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